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Ecrit par Administrator
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07-10-2009 |
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Lettre ouverte à Jean-Louis Picoche pour son ouvrage « Sainte Philomène : la célèbre inconnue » collection « Saints légendaires ».
Il est des boucles étranges dans nos vies, par exemple découvrir une sainte tirée de la mythologie chrétienne sur la Terre des Indiens… Le choc des croyances d’une part, l’évidence de l’aspiration des êtres humains à la transcendance d’autre part s’inscrivent dans l’immensité du ciel texan. C’est dire qu’un auteur ne sait jamais à quel point du globe et dans quelles circonstances son ouvrage sera lu. Et c’est tant mieux. Ainsi, cher auteur, la Sainte a trouvé sa place sur terre indienne en dehors de toute idée d’évangélisation. Dès la première ligne de votre avant-propos, j’ai retrouvé votre griffe : « Ce livre ne plaira à personne ». Si, justement. À aucun moment, je ne fus ni choquée ni irritée. Plutôt charmée par votre trouvaille d’une conversation avec votre petit-fils, bien de son époque, en rappel d’un ouvrage délicieux de Robert Ruark paru aux Presses de la Cité en 1959 : « Un chasseur m’a dit » ou l’apprentissage de la vie : « Mon grand-père connaît presque tout. C’est bien normal. Je veux dire par là qu’il a de l’expérience ». L’éducation des jeunes générations se fait selon les aspirations, les passions de l’ancienne. On ne peut partager que des convictions. … Et vous partagez les vôtres entre foi et légende, conscient qu’il faut en ce siècle d’image, accrocher le lecteur dès la première ligne par l’évocation teintée d’histoire, d’un voyage cocasse avec une pincée de dérision. Pari réussi. Le lecteur est accroché. Il part sur les traces historique et légendaire de Philomène dont le premier miracle est de faire parler d’elle malgré elle. L’iconographie que vous offrez au lecteur est particulièrement représentative d’un art un peu naïf que je n’oserais qualifier de « sulpicien » tant il porte témoignage d’une dévotion populaire tout à fait respectable. La statuaire est, quant à elle, plus dépouillée comme il sied à une Sainte du moins me semble-t-il. La dévotion du Curé d’Ars et de Pauline-Marie Jaricot pour Philomène est une troublante découverte (sinon une remise en mémoire) qui aurait dû éviter l’éviction de la Sainte de notre calendrier. Il semble néanmoins que les Pères de l’Eglise éprouvent quelques remords… S’agit-il d’un essai, d’un roman, d’un récit historique ? Vous apportez la réponse dans votre conclusion. Il s’agit avant tout d’un ex-voto, c’est-à-dire l’expression d’une reconnaissance personnelle pour un bienfait accordé par la sainte. Les rationalistes, les incrédules pourraient attribuer votre exaucement au hasard, à votre mérite personnel. Peu importe à la fin puisque votre vœu a été entendu. Entre foi et croyance toujours balancent le cœur et la raison de l’être humain. C’est la marque de notre humanitude. Votre ouvrage, comme vous l’avez souligné à maintes reprises, s’adresse à notre cœur et à notre raison à la mesure de leur capacité à s’émerveiller. Que serait notre vie sans légende ? Un désert aride et froid. Grâce à vous, grâce à Philomène, il y brille une jolie étoile. Christiane R. |